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08/11/2010

Et maintenant ?

 

Avant hier, EDF, la SNCF pour ne citer que ces deux exemples symboliques. Des privatisations pour lesquelles une mobilisation n'a pas été assez forte pour faire reculer cette perte des services et droits publics issus de la libération.

 

Hier « la poste » a permis des actions largement unitaires avec des comités locaux de défense du service public de la Poste et l'organisation d'une votation citoyenne de plus de 2 millions de personnes. Ce rassemblement à la base et la mobilisation originale qu'il a réussi n'a probablement pas été assez exploité pour entraîner dans l'action tous ses signataires qui auraient peut-être été prêts à ne pas se contenter d'une « simple » signature. Hésitation dans la mise en œuvre de nouvelles formes de mobilisation sociale ? Probablement.

 

Aujourd'hui, la retraite avec une organisation unitaire particulière, initiée par les syndicats à l'échelle nationale, soutenue par des partis et organisations sur le plan national, relayée localement par des intersyndicales, souvent appuyées par des collectifs de défense des retraites dont les composants ne se limitaient pas aux traditionnels partis de gauche. Cette organisation a permis de mobiliser plusieurs millions de personnes à huit reprises avec le soutien de plus de 70 % de la population. Le gouvernement sarkoziste et le MEDEF ont voulu passer outre et imposer une légalité malgré le caractère illégitime de cette réforme. Aucun des députés et sénateurs l'ayant voté n'avait inscrit cette réforme dans son programme électoral et donc aucun n'avait mandat pour cette décision. Aujourd'hui, les discussions nationales à l'échelle intersyndicale montrent des différences d'appréciation tant sur la force de ces actions que sur les suites immédiates à y donner. Certains ont les yeux fixés sur l'horizon des présidentielles 2012 en estimant que cette victoire « à la Pyrrhus » suffira à une défaite de Sarkozy comme si cette perspective était suffisante à elle seule pour espérer de réels changements. D'autres veulent déjà passer à d'autres étapes d'aménagement de cette loi en traitant de l'emploi des jeunes et des séniors comme si cette dimension allait en changer le caractère injuste faisant supporter le principal effort financier sur les salariés et épargnant largement le patronat et le capital.

 

Il n'est plus temps d'attendre des accords au sommet qu'ils soient intersyndicaux ou interorganisations. Le pouvoir sarkoziste et le MEDEF, souvent sous prétexte de « directives » européennes, et souvent aussi avec les relais de collectivités locales (CR, CG) dans la mise en application effective des privatisations correspondantes, n'ont pas attendu les retraites pour :

  • procéder à la casse des services publics de santé, d'éducation, de protection sociale, de justice, de culture ;

  • s'attaquer aux libertés et aux droits fondamentaux.

De nombreux collectifs, possédant pour certains déjà des antennes locales, se sont développés dans de nombreux secteurs : services publics, transports, droits des femmes, éducation, santé, sécurité, sans papiers, droits et libertés, justice, recherche, action sociale, petite enfance, culture, …

Ils sont tous, à leur niveau, des éléments de la lutte contre la marchandisation de la vie. Ils peuvent tous participer à un vaste rassemblement populaire qui s'oppose dès à présent à la casse organisée des acquis sociaux de la libération au bénéfice des marchés financiers.

 

Plutôt que de créer des structures successives suivant le domaine en danger, et pour mieux amplifier la résistance contre un même adversaire, il est peut-être temps d'élargir les comités locaux en s'inspirant peut-être de l'appel des appels (voir ci-joint) qui a déjà reçu à ce jour plus de 85000 signatures. C'est ainsi que se construira le vaste rassemblement nécessaire pour provoquer une réelle alternative politique qui s'imposera aux états-majors en place et lieu de négociations secrètes au sommet.

Denis Ballini (citoyen se retrouvant totalement dans le récent livret de Stéphane Hessel : "Indignez-vous !" aux éditions "Indigène")

Appel des appels.doc

Communiqué 30 oct 2010 appel des appels.doc

 

 

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